Agir contre le sexisme

Le sexisme au travail est plus que jamais d’actualité. 83% des femmes non-cadres estiment que les réflexions et attitudes sexistes ou le fait de travailler dans un environnement de travail sexiste peut avoir des effets sur le travail et sur la santé, selon une enquête réalisée par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP). 

 

LA PLACE DU SEXISME AU TRAVAIL

Les résultats de l’enquête, récemment parue par le CSEP/BVA, sur les relations de travail entre les femmes et les hommes non-cadres en entreprise s’inscrivent dans la continuité du plan d’actions et des nouvelles dispositions légales mises en place pour prévenir et lutter contre le sexisme. La campagne de mobilisation « Sexisme pas mon genre » permet aux entreprises de développer une information liée à l’interdiction et la prévention de l’agissement sexiste. Les chiffres clefs de cette nouvelle enquête permettent d’illustrer les tensions et la place du sexisme dans le quotidien des non-cadres.

Cette enquête fait suite à l’étude précédemment menée en 2013, portant sur le sexisme au travail auprès de la population cadres salarié(e)s. L’Anact avait contribué à l’élaboration du questionnaire et les résultats avaient permis de lever le voile sur l’ampleur du sexisme ordinaire au travail et de ses effets délétères sur la qualité de vie au travail.

 

UNE DIFFÉRENCE DE PERCEPTION ENTRE HOMMES ET FEMMES 

Sur l’ensemble des résultats de l’enquête, il est important de noter une différence de perception significative entre les femmes et les hommes. En effet, 74% des femmes non-cadres considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes dans le monde du travail alors que seulement 54% des hommes le perçoivent.

47% des femmes non-cadres ont été personnellement confrontées au sexisme en tant que cibles ou témoins. Ces attitudes sexistes peuvent être, par exemple, de couper la parole en réunion, des remarques désobligeantes concernant l’apparence physique ou encore sur le temps de travail en cas de temps partiel. Ces attitudes sont plus prégnantes dans un environnement majoritairement masculin, dans une grande entreprise et avec un niveau d’études supérieur au baccalauréat. Des stéréotypes de sexe concernent aussi les hommes : 4 sur 10 ont déjà entendu des remarques sur leur non-conformité aux « codes de la virilité ». 

 

LES CONSÉQUENCES DU SEXISME SUR LE TRAVAIL ET LA SANTÉ

8 personnes sur 10 estiment que le sexisme a des répercussions négatives sur le travail. En effet, 81% des femmes victimes de sexisme ont déjà adopté une conduite d’évitement comme ne pas prendre la parole en public, ne pas aller à certains pots ou déjeuners, faire en sorte de ne pas se faire remarquer, éviter de croiser certains collègues ou managers pour ne pas avoir à parler avec eux, ne pas porter certaines tenues vestimentaires, s’isoler, surinvestir son travail, ne pas demander de temps partiel ou de formation, éviter de prendre certaines responsabilités.

Ces comportements d’évitements largement induits par des manifestations du sexisme sur le lieu de travail peuvent aller plus loin et entraîner une perte de confiance en soi, un désengagement dans le travail, jusqu’à la dépression entraînée par un mal-être au travail. Dans ces situations, 73% des femmes confrontées au sexisme ressentent un sentiment d’injustice, de colère ou d’humiliation. Mais 63% de ces femmes ont été freinées par la résignation ou la crainte pour en faire part à leurs collègues, à la hiérarchie ou aux représentants du personnel. De plus, les résultats révèlent que lorsque ces femmes décident d’en parler, la majorité n’a pas été soutenue ou écoutée.

Les représentants du personnel et les professionnels des ressources humaines ont un vrai rôle à jouer dans la prévention du sexisme en entreprise : près de la moitié des femmes les citent comme des interlocuteurs privilégiés en cas de comportements sexistes.

 

LES RESPONSABILITÉS DES ENTREPRISES

En effet, depuis la loi du 8 août 2016, les entreprises ont l’obligation de faire figurer dans leur règlement intérieur l’interdiction de tout agissement sexiste au travail (art L.1321-2 CT). Dans un objectif de prévention, le code du travail exige de l’employeur de réaliser une évaluation des risques professionnels pour la santé et la sécurité des femmes et des hommes en tenant compte de l’impact différencié de l’exposition aux risques en fonction du sexe, et de planifier des mesures de prévention y compris en matière d’agissements sexistes (article L.4121-2 CT).

L’un des objectifs fixés dans le plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, annoncé en octobre 2016, est d’informer, d’accompagner les employeur(se)s et l’ensemble des salarié(e)s, mais aussi, de permettre aux femmes d’accéder à leurs droits, nous rappelle Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes.

L’enquête montre que plus les entreprises prennent des mesures pour combattre le sexisme et renforcer l’égalité, moins il y a de sexisme. En effet, pour inciter les entreprises à lutter contre le sexisme, les femmes préconisent un message fort de la part de la direction.

33% des femmes non-cadres sont confrontées au sexisme quand leur entreprise le combat.

56% des femmes sont confrontées au sexisme quand les entreprises ont une politique d’égalité professionnelle mais ne conduisent pas d’actions contre le sexisme (contre 43% des hommes).

74% des femmes sont confrontées au sexisme quand leur entreprise ne combat pas le sexisme et n’a pas de politique d’égalité professionnelle. 

 

LA CRÉATION D’UN OUTIL : UN KIT “AGIR CONTRE LE SEXISME“

Le CSEP s’empare pleinement des résultats et confirme le rôle des employeur(se)s pour combattre le sexisme ordinaire à tous les niveaux. C’est dans ce cadre que le kit Agir contre le sexisme au travail a été lancé par le ministère des familles, de l’enfance et des droits des femmes..

Le kit fournit des fiches juridiques, des fiches repères et propose 10 leviers d’actions à s’approprier à travers des projets concrets, et d’intégrer des initiatives portées par des entreprises à destination de leurs salariés. Ces leviers constituent des propositions d’actions susceptibles d’être mises en œuvre au sein du plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme. L’objectif du kit est de donner envie aux entreprises de s’engager et de se saisir du sujet et, pour celles déjà engagées, de leur suggérer de nouvelles perspectives d’actions et de progression.

 

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KIT-AGIR CONTRE LE SEXISME - 24 novembre
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